À QUELLE TEMPÉRATURE SE CONSUME LA HAINE ?

Retour à Malataverne
Pierre Léauté
En librairie le 21 janvier 2022

C’est la question que pose Pierre Léauté dans son neuvième roman au réalisme cru et aux parfums de nature, où l’humanité évolue en nuances de gris. Plongez-vous dans la canicule de l’année 1976 d’une France giscardienne pour une histoire intemporelle sur la rédemption et le droit à l’oubli.

Après le phénomène du printemps 2021, Les Oiseaux du temps d’Amal El-Mohtar et Max Gladstone, le label Mu sort à nouveau des sentiers battus pour vous emmener cette fois-ci sur les routes d’une campagne française en vase clos. Pierre Léauté est un auteur que nous affectionnons particulièrement chez Mu pour son écriture cinématographique et ses romans entre histoire, polar et parfois imaginaire. Non-violent et humaniste, il partage son goût du récit avec l’un des grands auteurs du xxe siècle : Bernard Clavel. Leur rencontre par le papier n’était qu’une question de temps. Elle s’est faite. « C’est un projet fou ! Une envie ! » nous a dit l’auteur quand il a commencé à travailler sur ce prolongement d’un des romans les plus lus de Bernard Clavel, Malataverne. Fou, oui, sans doute, mais quel plaisir cela a été pour nous de découvrir ce manuscrit ! Beaucoup d’autrices et d’auteurs ont été marqués par de grandes œuvres de la littérature et ont rêvé de donner une suite à la vie des personnages qui les ont transportés ou leur ont ouvert de nouvelles perspectives. Peu le font. Pierre Léauté, lui, a réalisé ce rêve : « Cette histoire, c’est ma madeleine de Proust, une envie née de la frustration. Je voulais désespérément savoir ce qui allait arriver à Robert ». Robert, c’est le fils Paillot. Adolescent, il a été arrêté, à la fin du roman Malataverne, pour un homicide accidentel. Il sort aujourd’hui de prison. Le monde a changé et dans la chaleur de l’été, le retour de l’enfant maudit va réveiller un village endormi depuis plus de quinze ans. Les premiers effets de la crise économique,
le chômage, la canicule, la présence d’un meurtrier, tous les éléments sont réunis pour faire de Sainte-Luce, dans les monts du Lyonnais, une poudrière. Publier Retour à Malataverne est une aventure éditoriale singulière : celle de faire découvrir à nouveau l’œuvre de Bernard Clavel, dont nous partageons les valeurs, et celle de présenter le roman de Pierre Léauté qui nous plonge dans les années 70 pour traiter une question contemporaine et universelle : le droit à la rédemption et à l’oubli.

Davy Athuil & Frédéric Weil

« Plus haut, la montagne s’assombrissait encore vers les Bois noirs, cachée aux yeux de tous, dans un banquet païen où festoyaient sorcières, rebouteux et les morts eux-mêmes. La terre y grouillait d’une vie rampante, humide, spongieuse, retranchée du beau et du bon. »

Cette histoire, c’est ma madeleine de Proust, une envie née de la frustration. Je voulais désespérément savoir ce qui allait arriver à Robert. Il ne suffit pas d’enfermer quelqu’un, de le peiner, pour effacer toute conséquence de son crime. Retour à Malataverne, c’est plonger dans mes souvenirs, dans une campagne à la fois religieuse et peu charitable, dans ce patois, ces odeurs et ces couleurs… Faire ressentir au lecteur cette montée en température de l’été 76 et lui faire vivre au travers de Robert sa révolte intérieure, son besoin de normalité, de retrouver ce qui lui a été arraché à l’âge de quinze ans. Imaginez, il n’a rien vécu ou presque. Pas de diplôme, pas de permis de conduire, il n’a rien à lui. Sinon des regrets et un héritage ubuesque, le legs des terres où il a commis un crime. Retour à Malataverne est une expérience sensorielle de l’humain et de l’inhumain, des différents degrés auxquels nos cœurs se consument. Les héros d’un roman ont une vie qui dépasse leur créateur. Robert Paillot n’est pas mort avec le final de Malataverne, de Bernard Clavel, dont je pense qu’il le voyait partir en prison après un crime commis par accident. L’histoire de ce retour, c’est d’abord le récit d’un homme qui, à trente-deux ans, revient dans son village natal. La moitié de sa vie s’est écoulée dans les murs de la prison Saint-Paul, à Lyon, et il veut croire encore à la chance de la rédemption. Mais la France de l’été 1976 n’est plus la même. Frappée par la crise économique, sa société est tiraillée entre les traditions et les bouleversements d’un monde moderne. 1976, c’est aussi le fléau de la sécheresse qui s’abat, l’échauffement des esprits sous un ciel désespérément vide et lourd.

Pierre Léauté

Après Je n’aime pas les grands, un récit sur la montée des nationalismes et des fascismes, Pierre Léauté signe son roman le plus intime, à la fois hommage à une grande figure de la littérature française, mais aussi exploration des récits sociaux dans les territoires oubliés de la République.

SORTIE : 21 JANVIER 2022

Découvrez son précédent roman

JE N’AIME PAS LES GRANDS

Augustin Petit, un despote au cœur de l’Europe du XXe siècle.

La France a perdu la Première Guerre mondiale en 1919. Des cendres de la défaite, sous le joug du grand Kaiser, un homme va se relever et désigner les responsables de l’infamie : pas les femmes, pas les noirs, pas les homos… Non ! Les grands ! Car leurs têtes dépassaient des tranchées. S’engage alors la plus formidable ascension politique du Parti des Plus Petits.
Dans ce roman décalé et toujours juste, Pierre Léauté nous propose une réflexion d’une incroyable actualité sur la montée des nationalismes et la création des dictatures.


 

« Magique et brillantissime » Gérard Collard, Librairie La Griffe noire
« Une performance ! » Florence, Librairie de Port-Maria
« Roman jubilatoire » Étienne, Librairie Critic
« Drôle, absurde et fracassant » Anaïs, Librairie Lilosimages